Tu commences le grec ancien ou tu es déjà en spécialité LLCA ? Une chose est sûre : l'infinitif est partout. Que ce soit dans les versions, les analyses de texte ou les versions latines (en latin aussi d'ailleurs), il faut savoir le reconnaître et le traduire. Dans ce guide complet, on va voir ensemble comment se forme l'infinitif en grec ancien, ses différents emplois et comment ne pas te tromper. Prêt ? C'est parti !
Qu'est-ce que l'infinitif en grec ancien ?
L'infinitif est un mode impersonnel : il n'a pas de sujet propre (ou plutôt, son sujet est au nominatif ou à l'accusatif selon la construction). En grec ancien, l'infinitif existe à plusieurs temps (présent, aoriste, parfait, futur) et à deux voix (active, moyenne/passive). Il se forme à partir du thème du verbe, suivi d'une désinence spécifique.
Formation de l'infinitif présent actif
Pour les verbes thématiques (la majorité), l'infinitif présent actif se termine par -ειν (-ein). Exemple : λύω (luo, je délie) → λύειν (luein, délier). Pour les verbes athématiques (en -μι), la terminaison est -ναι (-nai). Exemple : τίθημι (tithêmi, je place) → τιθέναι (tithenai, placer).
Infinitif aoriste actif
L'aoriste est un temps du passé qui exprime une action ponctuelle. Son infinitif se forme sur le thème de l'aoriste (sigmatique ou thématique). Pour l'aoriste sigmatique (en -σα), la terminaison est -σαι (-sai) : ἔλυσα (elusa, je déliai) → λῦσαι (lusai, délier). Pour l'aoriste thématique (sans sigma), la terminaison est -εῖν (-ein) avec allongement : ἔλαβον (elabon, je pris) → λαβεῖν (labein, prendre).
Infinitif parfait actif
Le parfait exprime un état résultant. Son infinitif actif se termine par -έναι (-enai) : λέλυκα (leluka, j'ai délié) → λελυκέναι (lelukenai, avoir délié).
Infinitif futur actif
Le futur actif se forme sur le thème du futur (souvent en -σ-), avec la terminaison -σειν (-sein) : λύσω (lusô, je délierai) → λύσειν (lusein, devoir délier).
Voix moyenne et passive
À la voix moyenne/passive, les terminaisons sont différentes : présent moyen/passif en -εσθαι (-esthai) : λύεσθαι (luesthai, se délier / être délié). Aoriste moyen en -ασθαι (-asthai) : λύσασθαι (lusasthai, s'être délié). Aoriste passif (faible) en -ῆναι (-ênai) : λυθῆναι (luthênai, avoir été délié).
Les emplois de l'infinitif en grec ancien
L'infinitif peut être employé de plusieurs façons. Voici les plus importantes pour toi.
Infinitif complément d'objet (ou infinitif « épithétique »)
Il complète un verbe principal (comme en français : « je veux manger »). Exemple : βούλομαι λύειν (boulomai luein, je veux délier). Le sujet de l'infinitif est le même que celui du verbe principal.
La proposition infinitive (ou accusatif + infinitif)
C'est un emploi très fréquent. L'infinitif a son propre sujet, qui est à l'accusatif. Exemple : λέγω σε λύειν (legô se luein, je dis que tu délies). Attention : en français on utilise « que » + subjonctif, mais en grec c'est accusatif + infinitif. C'est la fameuse proposition infinitive grecque.
Infinitif de but
Il exprime le but, souvent avec ὥστε (hôste, de sorte que) ou seul. Exemple : ἔρχομαι λύειν (erchomai luein, je viens pour délier).
Infinitif substantivé (avec article)
L'infinitif peut être précédé de l'article neutre τὸ (to) et se décline comme un nom. Exemple : τὸ λύειν (to luein, le fait de délier). C'est très utile pour exprimer une idée abstraite.
Infinitif exclamatif ou impératif
Parfois l'infinitif est utilisé pour donner un ordre ou exprimer une exclamation. Exemple : ὦ Ζεῦ, τί λέγειν; (ô Zeus, ti legein ? Ô Zeus, que dire ?).
Comment traduire l'infinitif grec ?
La traduction dépend du contexte. Voici un tableau récapitulatif des principaux cas :
- Infinitif complément : infinitif français (ex : « je veux délier »).
- Proposition infinitive : « que » + indicatif ou subjonctif selon le temps (ex : λέγω σε λύειν → « je dis que tu délies »).
- Infinitif de but : « pour » + infinitif (ex : « pour délier »).
- Infinitif substantivé : « le fait de » + infinitif (ex : « le fait de délier »).
- Infinitif impératif : impératif (ex : « délie ! »).
Exemple concret : un texte de Xénophon
Prenons un extrait de l'Anabase de Xénophon : ἔδοξεν αὐτοῖς μὴ μάχεσθαι (edoxen autois mê machesthai). Traduction : « il leur parut bon de ne pas combattre ». Ici, μάχεσθαι (machesthai) est un infinitif présent moyen (se battre). Le sujet de l'infinitif est implicite (les mêmes que le datif αὐτοῖς). La négation est μή (mê), comme souvent avec l'infinitif.
Conseils de méthode pour réussir
Voici quelques astuces pour ne pas te tromper avec l'infinitif grec :
- Repère la terminaison : -ειν, -ναι, -σαι, -εσθαι, etc. Cela te donne le temps et la voix.
- Cherche le sujet : si le sujet est à l'accusatif, c'est une proposition infinitive ; s'il est au nominatif (ou absent), c'est un infinitif complément.
- Attention à l'accent : l'infinitif aoriste sigmatique λῦσαι (lusai) a un accent circonflexe sur l'avant-dernière syllabe, alors que l'infinitif parfait λελυκέναι (lelukenai) a un aigu sur la pénultième.
- Utilise les fiches de grammaire : sur notre page grammaire, tu trouveras des tableaux complets.
- Entraîne-toi : fais des exercices sur notre page exercices pour maîtriser la formation.
Conclusion
L'infinitif grec ancien n'est pas si compliqué une fois qu'on a compris les terminaisons et les emplois. Que tu sois en 5e ou en terminale, ces bases te serviront pour toutes les versions. N'hésite pas à consulter nos cours pour approfondir. Et souviens-toi : avec un peu de pratique, tu deviendras un as de l'infinitif !
