Civilisation grecque
Théâtre, philosophie et démocratie : les trois piliers de la Grèce classique qui ont façonné la pensée occidentale.
Le Théâtre grec
Le théâtre grec naît au VIe siècle av. J.-C. à Athènes, lors des fêtes en l'honneur de Dionysos. C'est à la fois un spectacle, un rituel religieux et une institution civique.
Structure du théâtre
ὀρχήστρα (orchestra)
Espace circulaire où évolue le chœur
σκηνή (skènè)
Bâtiment de scène servant de décor et de coulisses
θέατρον (theatron)
Gradins en demi-cercle pour les spectateurs (jusqu'à 15 000 places)
πάροδοι (parodoi)
Passages latéraux pour l'entrée du chœur
προσκήνιον (proskenion)
Estrade devant la skènè où jouent les acteurs
Les trois grands tragiques
Eschyle
Αἰσχύλος
525-456 av. J.-C. — Le père de la tragédie
Introduit le 2e acteur, réduit le chœur
πάθει μάθος
« la souffrance enseigne »
Sophocle
Σοφοκλῆς
496-406 av. J.-C. — Le maître de l'ironie tragique
Introduit le 3e acteur, perfectionne l'intrigue
πολλὰ τὰ δεινά, κοὐδὲν ἀνθρώπου δεινότερον πέλει
« nombreuses sont les merveilles, mais rien n'est plus merveilleux que l'homme »
Euripide
Εὐριπίδης
480-406 av. J.-C. — Le philosophe de la scène
Humanise les héros, explore la psychologie
θεὸς ἢ τύχη τὰ θνητῶν πράγματα
« un dieu ou le hasard gouverne les affaires des mortels »
Structure de la tragédie
πρόλογος (prologue)
Exposition avant l'entrée du chœur
πάροδος (parodos)
Chant d'entrée du chœur
ἐπεισόδια (episodes)
Scènes dialoguées entre les acteurs (3-5)
στάσιμα (stasima)
Chants du chœur entre les épisodes
ἔξοδος (exodos)
Scène finale et sortie du chœur
La Comédie : Aristophane
Aristophane (Ἀριστοφάνης)
445-385 av. J.-C.
Maître de la Comédie Ancienne, il satirise la politique athénienne, les philosophes et la société.
Les Nuées
Satire de Socrate et des sophistes
Les Guêpes
Critique des tribunaux populaires
Les Oiseaux
Utopie politique
Lysistrata
Les femmes font la grève du sexe pour arrêter la guerre
Les Grenouilles
Dionysos juge Eschyle et Euripide aux Enfers
La Philosophie grecque
Les Présocratiques
Thalès de Milet
Θαλῆς
v. 625-547
École de Milet
Principe : L'eau (ὕδωρ)
Tout vient de l'eau et retourne à l'eau. Premier à chercher une explication rationnelle du monde.
Anaximandre
Ἀναξίμανδρος
v. 610-546
École de Milet
Principe : L'illimité (ἄπειρον)
Le principe est infini, indéterminé. La Terre flotte dans le vide.
Héraclite d'Éphèse
Ἡράκλειτος
v. 540-480
Mobilisme
Principe : Le feu (πῦρ) et le flux
πάντα ῥεῖ (tout coule). L'harmonie naît des contraires.
Parménide d'Élée
Παρμενίδης
v. 515-450
École d'Élée
Principe : L'Être (τὸ ὄν)
L'Être est, le non-être n'est pas. Le mouvement est une illusion.
Démocrite d'Abdère
Δημόκριτος
v. 460-370
Atomisme
Principe : Les atomes (ἄτομα)
Tout est composé d'atomes indivisibles se mouvant dans le vide.
Socrate et la maïeutique
Socrate (Σωκράτης, 470-399 av. J.-C.) est la figure centrale de la philosophie grecque. Il n'a rien écrit lui-même : sa pensée nous est connue par ses disciples, principalement Platon et Xénophon.
La maïeutique (μαιευτική) (μαιευτική τέχνη)
L'art d'accoucher les esprits. Socrate pose des questions pour amener son interlocuteur à découvrir lui-même la vérité.
Ironie (εἰρωνεία)
Socrate feint l'ignorance pour faire parler l'autre
Réfutation (ἔλεγχος)
Il montre les contradictions du discours
Aporie (ἀπορία)
L'interlocuteur reconnaît son ignorance
Recherche (ζήτησις)
Ensemble, ils cherchent la définition vraie
Le procès de Socrate (399) : En 399, Socrate est accusé de "ne pas reconnaître les dieux de la cité" et de "corrompre la jeunesse". Condamné à mort, il refuse de s'enfuir et boit la ciguë.
Platon et la théorie des Idées
La théorie des Idées (ἡ τῶν ἰδεῶν θεωρία)
Pour Platon, le monde sensible que nous percevons n'est qu'une copie imparfaite du monde intelligible, où résident les Idées (εἴδη), réalités éternelles et parfaites.
Monde sensible : Un beau tableau
→ L'Idée du Beau (τὸ καλόν)
Monde sensible : Un acte juste
→ L'Idée de la Justice (ἡ δικαιοσύνη)
Monde sensible : Un cercle dessiné
→ L'Idée du Cercle (ὁ κύκλος)
L'allégorie de la caverne (République, Livre VII)
Des prisonniers enchaînés dans une caverne ne voient que des ombres projetées sur un mur. L'un d'eux se libère, sort de la caverne et découvre la lumière du soleil (le Bien). C'est l'image du philosophe qui accède à la vérité et doit ensuite redescendre éclairer les autres.
La Démocratie athénienne
Les grandes réformes
Les institutions
L'Ecclésia
ἡ Ἐκκλησία
Assemblée de tous les citoyens
- Se réunit sur la Pnyx, 40 fois par an
- Vote les lois, la guerre et la paix
- Élit les stratèges et magistrats
- Quorum : 6 000 citoyens pour l'ostracisme
La Boulè
ἡ Βουλή
Conseil des 500
- 500 membres tirés au sort (50 par tribu)
- Prépare les décrets pour l'Ecclésia
- Gère les affaires courantes
- Siège permanent au Bouleutérion
L'Héliée
ἡ Ἡλιαία
Tribunal populaire
- 6 000 jurés (ἡλιασταί) tirés au sort par an
- Jugent les procès civils et criminels
- Vote à la majorité avec des jetons
- Reçoivent une indemnité (misthos)
L'Aréopage
ὁ Ἄρειος πάγος
Ancien conseil aristocratique
- Anciens archontes à vie
- Réduit aux affaires de meurtre après 462
- Siège sur la colline d'Arès
- Gardien des lois
Les magistrats
| Magistrature | Nombre | Mode | Rôle |
|---|---|---|---|
| Stratèges (στρατηγοί) | 10 | Élus | Commandent l'armée et la flotte, préparent la guerre |
| Archontes (ἄρχοντες) | 9 | Tirés au sort | Éponyme (calendrier), Roi (religion), Polémarque (procès), 6 thesmothètes (lois) |
| Trésoriers (ταμίαι) | 10 | Tirés au sort | Gardent le trésor d'Athéna sur l'Acropole |
Périclès et le siècle d'or
Périclès (Περικλῆς)
495-429 av. J.-C. — Stratège élu 15 fois consécutives (443-429)
Oraison funèbre prononcée en 431, rapportée par Thucydide (II, 35-46)
χρώμεθα γὰρ πολιτείᾳ οὐ ζηλούσῃ τοὺς τῶν πέλας νόμους, παράδειγμα δὲ μᾶλλον αὐτοὶ ὄντες τισὶν ἢ μιμούμενοι ἑτέρους.
« Nous avons une constitution qui n'envie pas les lois des voisins, et nous sommes plutôt un modèle pour les autres qu'imitateurs d'autrui. »
Vocabulaire de civilisation
de τράγος (bouc) + ᾠδή (chant)
de κῶμος (cortège festif)
12-15 choreutes
lit. "celui qui répond"
couvre tout le visage
agôn tragique
amour de la sagesse
de σοφός (sage)
discours, raisonnement
lit. "non-oubli"
chez Platon
qualité propre
pouvoir du peuple
ἴσος + νόμος
droit de parler à l'assemblée
membre de la πόλις
étranger résident
pour voter l'ostracisme
